Guide · Convention collective
Convention collective de la boucherie (IDCC 3254) : ce qui remplace la 992
Depuis le 1er novembre 2025, la convention de la boucherie (IDCC 992) n’existe plus : une convention commune à la boucherie et à la poissonnerie, l’IDCC 3254, l’a remplacée. Durée du travail, heures supplémentaires, nuit, dimanche, jours fériés, prime de fin d’année, salaires minima : les règles du secteur de la boucherie, article par article.
Par Mathurin Ernzen, fondateur de Planyo · Mis à jour le 21 octobre 2026
La convention 992 a été remplacée
La « Convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie » du 24 septembre 2024 (IDCC 3254) a été étendue par arrêté du 29 septembre 2025, publié au Journal officiel le 4 octobre 2025. Elle est entrée en vigueur « le 1er jour du mois suivant la parution de l’arrêté d’extension » (article 3), soit le 1er novembre 2025.
Son préambule est clair : elle « emporte abrogation et se substitue purement et simplement » aux conventions de la boucherie du 12 décembre 1978 (IDCC 992) et de la poissonnerie (IDCC 1504), et à leurs avenants. Le bulletin de paie mentionne la convention applicable (article 1er ; Code du travail, article R3243-1) : depuis cette date, c’est l’IDCC 3254.
À qui s’applique-t-elle ?
Aux entreprises dont l’activité principale relève de l’un de ses deux secteurs (article 1er) :
- le secteur de la boucherie : boucherie, boucherie-charcuterie, boucherie-traiteur, boucherie-charcuterie-traiteur, traiteur, boucherie hippophagique, triperie, commerce de volailles et gibiers ;
- le secteur de la poissonnerie : poissonnerie, poissonnerie-traiteur, écailler, écailler-traiteur, bar à huîtres, demi-gros et gros en poissons, crustacés et mollusques.
En cas d’activités multiples, c’est l’activité qui génère le plus de chiffre d’affaires qui compte (article 2). La convention a une partie commune, puis une partie propre à chaque secteur : ce guide présente le secteur de la boucherie.
Durée du travail
L’article 51 fixe le cadre :
- 35 heures par semaine, décomptées sur la semaine civile, du lundi 0 h au dimanche 24 h ;
- 10 heures par jour au plus, et 48 heures par semaine, sans dépasser 44 heures en moyenne sur douze semaines consécutives ;
- 8 heures par jour au plus pour les jeunes et apprentis de moins de 18 ans.
La loi ajoute un repos quotidien de 11 heures consécutives (Code du travail, L3131-1) et une pause de 20 minutes dès 6 heures de travail (L3121-16).
Les heures supplémentaires
Les heures faites au-delà de la 35e et jusqu’à la 43e incluse sont payées 25 % de plus, celles au-delà de la 43e 50 % de plus (article 52.2).
Particularité de la convention : pour calculer cette majoration, on ajoute d’abord au taux horaire les majorations de nuit, de dimanche et de jour férié de l’heure, puis on applique le pourcentage d’heure supplémentaire (article 52.2). Une heure supplémentaire de nuit se majore donc sur un taux déjà majoré.
- Repos à la place du paiement : une heure qui aurait été majorée de 25 % peut être remplacée par un repos de 125 %, une heure à 50 % par un repos de 150 %, au choix de l’entreprise ; les majorations de nuit, de dimanche et de férié restent alors payées en plus (article 52.3).
- Semaine de repos : les heures de la 36e à la 44e peuvent être compensées par une semaine de repos payée, dès qu’elles totalisent 35 heures, à prendre au plus tard dans les trois mois (article 79).
- Contingent annuel : 270 heures (article 78). Les heures compensées en repos et celles des travaux urgents n’y comptent pas ; au-delà, une contrepartie en repos s’ajoute, dans les conditions de la loi (article 52.1).
Le temps partiel
La convention ne prévoit pas de règle propre au temps partiel dans le secteur de la boucherie : celles du Code du travail s’appliquent.
- 24 heures par semaine au moins, sauf dérogations prévues par la loi (L3123-27) ;
- des heures complémentaires limitées au dixième de la durée du contrat (L3123-28), majorées de 10 % jusqu’à ce dixième (L3123-29) ;
- au plus une interruption dans la journée, de 2 heures au plus (L3123-30).
Le travail de nuit
Tout salarié qui travaille occasionnellement de nuit perçoit une prime de 25 % de son taux horaire pour chaque heure de travail entre 21 heures et 6 heures, avec une mention spéciale sur le bulletin de salaire (article 81). Elle ne s’applique pas aux salariés dont les fonctions les amènent à travailler de nuit de façon habituelle, comme les gardiens et veilleurs de nuit.
La convention ne définit pas le travailleur de nuit : c’est la loi qui s’applique. Est travailleur de nuit le salarié qui fait, au moins deux fois par semaine selon son horaire habituel, au moins trois heures de nuit, ou 270 heures de nuit sur douze mois consécutifs (L3122-5, L3122-23). Il a droit à des contreparties, sous forme de repos compensateur et, le cas échéant, de compensation salariale (L3122-8), que la convention ne chiffre pas pour la boucherie.
Le dimanche et le repos hebdomadaire
La convention ne majore pas les heures du dimanche dans le secteur de la boucherie. Elle organise le repos hebdomadaire (article 77) : du dimanche 13 heures au mardi matin avec une autre demi-journée dans la semaine, ou deux jours accolés quand on ne travaille pas le dimanche, ou toute formule d’au moins trois demi-journées consécutives, soit 35 heures de repos consécutives au moins. Des accords départementaux peuvent l’aménager.
Le Code du travail ajoute, pour les commerces de détail alimentaire (L3132-13) : le repos peut commencer le dimanche à 13 heures ; le salarié privé du repos du dimanche a droit à un repos compensateur d’une journée entière par roulement et par quinzaine (un après-midi par semaine s’il a moins de 21 ans et est logé chez l’employeur) ; et, au-delà de 400 m² de surface de vente, à une rémunération majorée d’au moins 30 %.
Les jours fériés et le 1er Mai
Les jours fériés sont ceux du Code du travail, et leur chômage n’entraîne aucune perte de salaire, quelle que soit l’ancienneté ou la nature du contrat (article 82).
- Jour férié travaillé, autre que le 1er Mai : d’un commun accord avec l’employeur, un repos de même durée dans la quinzaine qui précède ou qui suit, non fractionné, ou une indemnité égale au salaire de ces heures, en plus du salaire de la journée (article 82).
- 1er Mai travaillé : une indemnité égale au salaire, en plus du salaire de base, soit un salaire doublé (article 83 ; Code du travail, L3133-6).
Les congés payés
Deux jours et demi ouvrables par mois de travail effectif, ou 2,08 jours ouvrés si ce calcul est au moins aussi favorable, dans la limite de 30 jours ouvrables (25 ouvrés), sur une période de référence allant du 1er juin au 31 mai, sauf disposition contraire de l’entreprise (article 53).
La prime de fin d’année
Les salariés ont droit à une prime de fin d’année égale à 2 % de leur rémunération brute annuelle, calculée du 1er décembre de l’année précédente au 30 novembre (article 72). Elle est due sans condition d’ancienneté, à temps plein comme à temps partiel, en CDI comme en CDD, apprentis et saisonniers compris.
Elle peut être versée en deux fois, 50 % en juin et le solde en décembre ; un salarié qui part en cours de période la reçoit au prorata. Elle ne s’ajoute pas à une prime de même objet déjà versée par l’entreprise (treizième mois, gratification…) si celle-ci atteint au moins le même montant.
Les salaires minima au 1er octobre 2026
La grille du secteur de la boucherie (avenant n° 13-B) va de 1 968 € brut par mois, pour 151,67 heures, au niveau I échelon A, à 3 992 € au niveau VII échelon B. Quelques repères :
- vendeur (niveau II, échelon A) : 2 013 € ;
- boucher préparateur, charcutier traiteur (niveau II, échelon B) : 2 033 € ;
- boucher préparateur qualifié (niveau III, échelon A) : 2 192 € ;
- boucher hautement qualifié (niveau IV, échelon C) : 2 444 € ;
- responsable de point de vente (niveau VI, échelon A) : 3 033 €.
Le forfait en jours des cadres
Les cadres autonomes et les agents de maîtrise dont la durée du travail ne peut être prédéterminée, aux niveaux VI et VII de la grille, peuvent conclure une convention de forfait en jours sur l’année : 218 jours de travail au plus pour une année complète, et 235 jours en cas de dépassement (article 80).
Les points d’attention
En pratique, ces points méritent une vérification :
- un bulletin de paie qui cite encore l’IDCC 992 : c’est l’IDCC 3254 qui s’applique depuis le 1er novembre 2025 ;
- une heure supplémentaire de nuit ou un jour férié majorée sur le taux de base : la convention ajoute d’abord les autres majorations ;
- une majoration du dimanche appliquée par habitude : la convention n’en prévoit pas pour la boucherie, sauf la règle légale des commerces de plus de 400 m² ;
- une prime de fin d’année oubliée pour un apprenti, un saisonnier ou un CDD : elle est due à tous, sans condition d’ancienneté.
Dans Planyo
Pour un établissement en convention de la boucherie, et pour les périodes à partir du 1er novembre 2025, Planyo calcule les heures supplémentaires et complémentaires, la prime de nuit de 21 h à 6 h, le 1er Mai et le statut de travailleur de nuit. La majoration sur taux majoré, le repos compensateur, les jours fériés et le dimanche des commerces alimentaires sont signalés, jamais appliqués à votre place ; la prime de fin d’année et les salaires minima restent à traiter avec votre comptable.
Voir le logiciel de planning pour boucherie.
Ce guide présente les règles nationales du secteur de la boucherie. Il ne remplace pas l’avis d’un conseil sur la situation de votre entreprise.
Questions fréquentes
La convention collective de la boucherie 992 est-elle toujours en vigueur ?
Non. Depuis le 1er novembre 2025, elle est remplacée par la convention de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (IDCC 3254), qui s’applique aux bouchers, charcutiers, traiteurs, tripiers et commerces de volailles et gibiers.
Le dimanche est-il majoré en boucherie ?
Pas par la convention. Dans le commerce de détail alimentaire, le salarié qui travaille le dimanche a droit à un repos compensateur, et à une majoration d’au moins 30 % au-delà de 400 m² de surface de vente (Code du travail, L3132-13).
Quel est le contingent d’heures supplémentaires en boucherie ?
270 heures par an (article 78). Les heures compensées en repos et celles des travaux urgents n’y comptent pas.
Quel est le salaire minimum d’un boucher en 2026 ?
Au 1er octobre 2026, un boucher préparateur (niveau II, échelon B) est à 2 033 € brut par mois pour 151,67 heures, un boucher préparateur qualifié (niveau III, échelon A) à 2 192 €. La grille va de 1 968 € à 3 992 €.
La prime de fin d’année est-elle obligatoire ?
Oui : 2 % de la rémunération brute du 1er décembre au 30 novembre, pour tous les salariés, sans condition d’ancienneté (article 72), sauf si l’entreprise verse déjà une prime de même objet d’un montant au moins égal.
Sources
- Convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (IDCC 3254) — Légifrance
- Préambule (substitution aux IDCC 992 et 1504) — Légifrance
- Article 1er (champ d’application) — Légifrance
- Article 2 (activité principale) — Légifrance
- Article 3 (entrée en vigueur) — Légifrance
- Article 51 (durée du travail) — Légifrance
- Article 52 (heures supplémentaires) — Légifrance
- Article 53 (congés payés) — Légifrance
- Article 72 (prime de fin d’année) — Légifrance
- Article 77 (repos hebdomadaire) — Légifrance
- Article 78 (contingent) — Légifrance
- Article 79 (semaine de repos) — Légifrance
- Article 80 (forfait en jours) — Légifrance
- Article 81 (travail de nuit) — Légifrance
- Article 82 (jours fériés) — Légifrance
- Article 83 (1er Mai) — Légifrance
- Avenant n° 13-B, grille des salaires du secteur de la boucherie au 1er octobre 2026 — Légifrance
- Code du travail, article L3121-16 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3131-1 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3123-27 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3123-28 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3123-29 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3123-30 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3122-5 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3122-8 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3122-23 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3132-13 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3133-6 — Code du travail numérique
- Code du travail, article R3243-1 — Code du travail numérique
Information générale, à jour à la date indiquée. Elle ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : un accord d’entreprise ou votre contrat de travail peuvent prévoir d’autres règles.
Pour aller plus loin
- BoucheriesLaboratoire, vente, traiteur, convention IDCC 3254.
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