Guide · Code du travail
Registre unique du personnel : obligations, mentions et sanctions
Dès son premier salarié, chaque établissement doit tenir un registre unique du personnel. Qui y inscrire, quelles mentions porter, combien de temps le garder, ce que coûte un oubli : les règles du Code du travail, article par article, avec un modèle gratuit.
Par Mathurin Ernzen, fondateur de Planyo · Mis à jour le 14 octobre 2026
Qu’est-ce que le registre unique du personnel ?
C’est la liste, établissement par établissement, de toutes les personnes qui y travaillent ou y ont travaillé. Le Code du travail impose sa tenue « dans tout établissement où sont employés des salariés » (article L1221-13).
Il s’ouvre donc dès l’embauche du premier salarié, et il y en a un par établissement : un restaurant et un hôtel exploités par la même société tiennent chacun le leur. Les associations et fondations qui recourent au chèque-emploi associatif en sont dispensées, selon la fiche officielle Service-public.
Qui doit y figurer ?
Tous les salariés de l’établissement, quel que soit leur contrat, sont inscrits dans l’ordre des embauches (article L1221-13). Cela comprend :
- les salariés en CDI comme en CDD, à temps plein ou à temps partiel, les apprentis et les contrats de professionnalisation ;
- les salariés temporaires (intérimaires), avec le nom et l’adresse de l’entreprise de travail temporaire ;
- les salariés mis à disposition par un groupement d’employeurs, avec la dénomination et l’adresse du groupement ;
- les stagiaires et les volontaires en service civique, mais dans une partie distincte du registre (voir plus bas).
Les mentions obligatoires pour chaque salarié
En plus des nom et prénoms, l’article D1221-23 du Code du travail fixe la liste des mentions :
- la nationalité, la date de naissance et le sexe ;
- l’emploi et la qualification ;
- les dates d’entrée et de sortie de l’établissement ;
- lorsqu’une autorisation d’embauche ou de licenciement est requise, la date de cette autorisation ou, à défaut, la date de la demande ;
- pour un travailleur étranger soumis à autorisation de travail, le type et le numéro d’ordre du titre qui en tient lieu ;
- selon le cas, les mentions « contrat à durée déterminée », « salarié à temps partiel », « apprenti » ou « contrat de professionnalisation » ;
- pour un salarié temporaire ou mis à disposition par un groupement d’employeurs, les coordonnées de l’entreprise de travail temporaire ou du groupement.
Aucune forme n’est imposée : ce sont les mentions qui comptent. Notre modèle de registre comporte une colonne par mention.
Stagiaires et volontaires en service civique
Ils ne sont pas salariés, mais ils figurent au registre, dans une partie distincte, dans l’ordre de leur arrivée (article L1221-13).
Pour chaque stagiaire, l’article D1221-23-1 demande les nom et prénoms du stagiaire, les dates de début et de fin du stage, les nom et prénoms du tuteur et le lieu de présence du stagiaire. Pour les volontaires en service civique, la fiche Service-public indique les nom et prénoms.
Comment le tenir au jour le jour
Quatre règles de tenue, à appliquer à chaque mouvement de personnel :
- Inscrire chaque salarié au moment de son embauche, dans l’ordre chronologique, et de façon indélébile (article L1221-13) : on n’efface pas, on ne réécrit pas une ligne.
- Porter les événements survenus après l’embauche, comme la date de sortie, au moment où ils surviennent (article D1221-25).
- Annexer au registre une copie du titre de travail de chaque travailleur étranger qui en a besoin (article D1221-24).
- Si vous accueillez des salariés détachés par une entreprise établie à l’étranger, annexer la déclaration de détachement (article L1221-15-1).
Registre papier ou registre numérique ?
Le registre papier, rempli à l’encre, répond naturellement à l’exigence d’inscriptions indélébiles. Notre modèle existe en PDF à imprimer pour cela.
Le Code du travail permet aussi un registre sur un « support de substitution », c’est-à-dire numérique (article D1221-27). Ce support doit permettre toutes les mentions, sans difficulté de lecture et « sans risque d’altération », être présenté dans les mêmes conditions et conservé aussi longtemps que le registre papier (article D8113-2). L’employeur adresse en outre à l’inspection du travail l’avis du comité social et économique.
Un simple tableur modifiable ne remplit donc pas ces conditions à lui seul. Vérifiez avec votre conseil la forme de tenue qui convient à votre entreprise.
Qui peut le consulter ?
Le registre est tenu à la disposition du comité social et économique et des agents chargés de contrôler l’application du Code du travail et du Code de la sécurité sociale, notamment l’inspection du travail (article L1221-15).
Les copies des titres de travail annexées sont consultables dans les mêmes conditions, sur le lieu de travail (article D1221-24). Le registre doit donc être accessible dans l’établissement, et pas seulement au siège ou chez le comptable.
Combien de temps le conserver ?
Les mentions sont conservées cinq ans à compter de la date à laquelle le salarié ou le stagiaire a quitté l’établissement (article R1221-26). Un salarié parti en 2026 doit donc rester lisible au registre jusqu’en 2031.
Quelles sanctions en cas d’oubli ?
Ne pas tenir le registre, ou oublier des mentions, est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe, appliquée « autant de fois qu’il y a de personnes employées » (article R1227-7).
Concrètement, la fiche Service-public l’exprime ainsi : jusqu’à 750 € d’amende par salarié concerné. Pour un restaurant de quinze salariés sans registre, l’amende encourue peut ainsi atteindre 11 250 €.
La check-list du registre
Pour vérifier en cinq minutes que votre registre est en ordre :
- Un registre par établissement, ouvert dès le premier salarié.
- Chaque embauche inscrite le jour même, dans l’ordre, de façon indélébile.
- Toutes les mentions de l’article D1221-23 renseignées, sortie comprise.
- Une partie distincte pour les stagiaires et les volontaires en service civique.
- Les copies des titres de travail annexées.
- Le registre accessible sur place, et conservé cinq ans après chaque départ.
Dans Planyo
Dans Planyo, le registre des salariés se tient tout seul : chaque embauche ouvre une entrée avec son numéro d’ordre, les mentions sont recopiées du contrat, chaque départ ferme l’entrée, et le registre s’exporte en PDF. Avant l’export, ce qui manque est signalé. Voir le registre du personnel dans Planyo.
Les parties stagiaires et service civique ne sont pas tenues par Planyo : utilisez pour elles les pages dédiées de notre modèle gratuit.
Ce guide présente les règles générales du Code du travail. Il ne remplace pas l’avis d’un conseil sur la situation de votre entreprise.
Questions fréquentes
Faut-il un registre unique du personnel avec un seul salarié ?
Oui. Il est obligatoire dans tout établissement où sont employés des salariés (article L1221-13), donc dès le premier.
Les extras et les intérimaires figurent-ils au registre ?
Oui. Un extra embauché en CDD est un salarié de l’établissement, inscrit comme les autres avec la mention « contrat à durée déterminée ». Un intérimaire est inscrit avec le nom et l’adresse de son entreprise de travail temporaire (article D1221-23).
Un registre sur Excel est-il valable ?
Pas à lui seul : un fichier modifiable ne garantit pas des inscriptions indélébiles. Un registre numérique doit remplir les conditions des articles D1221-27 et D8113-2. Un registre papier tenu à l’encre reste la solution la plus simple.
Combien de temps garder le registre ?
Cinq ans à compter du départ de chaque salarié ou stagiaire (article R1221-26).
Où trouver un modèle gratuit ?
Notre modèle de registre unique du personnel se télécharge sans inscription, en Excel et en PDF à imprimer, avec ses parties stagiaires et service civique.
Sources
- Code du travail, article L1221-13 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L1221-15 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L1221-15-1 — Code du travail numérique
- Code du travail, article D1221-23 — Code du travail numérique
- Code du travail, article D1221-23-1 — Code du travail numérique
- Code du travail, article D1221-24 — Code du travail numérique
- Code du travail, article D1221-25 — Code du travail numérique
- Code du travail, article R1221-26 — Code du travail numérique
- Code du travail, article D1221-27 — Code du travail numérique
- Code du travail, article D8113-2 — Code du travail numérique
- Code du travail, article R1227-7 — Code du travail numérique
- Registre unique du personnel — Service-public (entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F1784)
Information générale, à jour à la date indiquée. Elle ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : un accord d’entreprise ou votre contrat de travail peuvent prévoir d’autres règles.
Pour aller plus loin
- Modèle de registre du personnelExcel et PDF à imprimer, gratuits : les mentions du Code du travail.
- Le registre du personnelAlimenté par les embauches et les départs, exporté en PDF.
- Congés payés en HCRAcquisition, période de référence et décompte.
- RestaurantsServices coupés, extras, cuisine et salle.
- HôtelsRéception jour et nuit, étages, saisons.
- Toutes les ressourcesModèles gratuits et guides pour les équipes de la restauration.
Un registre qui se tient tout seul
Essayez Planyo 7 jours : chaque embauche ouvre une entrée au registre, chaque départ la ferme, et le registre s’exporte en PDF.