Guide · Convention collective

Convention collective de la boulangerie-pâtisserie (IDCC 843) : nuit, dimanche, fériés, heures sup

La convention collective nationale de la boulangerie-pâtisserie du 19 mars 1976 (IDCC 843) encadre les boulangeries artisanales : majoration de nuit, dimanche, jours fériés, temps partiel, primes. Les règles en vigueur en 2026, article par article, et les erreurs que l’on retrouve souvent en ligne.

Par Mathurin Ernzen, fondateur de Planyo · Mis à jour le 19 octobre 2026

À qui s’applique la convention 843 ?

Aux entreprises artisanales de boulangerie et de boulangerie-pâtisserie, selon le champ d’application défini à l’article 1er de la convention. Les boulangeries industrielles relèvent d’une autre convention collective (IDCC 3255 depuis le 1er octobre 2024).

Des accords départementaux complètent la convention nationale. Plusieurs sont étendus : ils s’imposent alors à toutes les boulangeries artisanales du département. Les règles ci-dessous sont les règles nationales, avec les écarts départementaux connus.

Durée du travail et heures supplémentaires

La durée légale est de 35 heures par semaine. La convention renvoie à la loi pour les heures supplémentaires (article 22) : +25 % de la 36e à la 43e heure, +50 % au-delà (article L3121-36 du Code du travail).

Le contingent annuel d’heures supplémentaires est de 329 heures, décompté à partir du 1er janvier (avenant n° 16 du 26 juillet 1982). Au-delà, le Code du travail impose une contrepartie obligatoire en repos : 50 % dans une entreprise de vingt salariés au plus, 100 % au-delà (articles L3121-30 et L3121-38).

Les limites légales s’appliquent : 10 heures par jour, 48 heures sur une semaine, 44 heures en moyenne sur douze semaines, 11 heures de repos entre deux journées.

Les extras embauchés en surnombre ou en remplacement ont un régime propre de majoration journalière (article 20).

Le travail de nuit

La convention distingue deux plages, et c’est la source d’erreur la plus fréquente :

  • la majoration de nuit : chaque heure de travail effectif entre 20 h et 6 h est majorée de 25 % du salaire de base, pour tout salarié, travailleur de nuit ou non (article 23, point 5) ;
  • le travail de nuit au sens du statut se compte entre 21 h et 6 h (article 23, point 1).

Le travailleur de nuit et son repos

Est travailleur de nuit le salarié qui accomplit, au moins deux fois par semaine selon son horaire habituel, au moins 3 heures entre 21 h et 6 h, ou au moins 270 heures de nuit sur l’année civile (article 23, point 2).

Il a droit à un repos d’une journée à partir de 270 heures de nuit dans l’année, et de deux journées au-delà de 600 heures, au prorata en cas d’embauche ou de départ en cours d’année, à prendre dans les trois mois (article 23, points 6 et 7).

Sa journée est limitée à 8 heures (exceptionnellement 10), et sa semaine à 40 heures en moyenne sur douze semaines (44 heures en cas de modulation) ; il a droit à 20 minutes de pause dès 6 heures de travail (article 23, points 3 et 4).

Le travail du dimanche

Tout salarié employé le dimanche reçoit une majoration de 20 % de son salaire horaire de base pour les heures du dimanche (article 28).

Plusieurs accords départementaux étendus prévoient davantage : 25 % en Loire-Atlantique et dans les Bouches-du-Rhône, 30 % dans le Lot-et-Garonne et en Vendée. La « prime de deux heures » parfois présentée comme nationale ne vient que d’un accord de Meurthe-et-Moselle, qui n’est pas étendu.

Les jours fériés

La convention garantit au moins dix jours fériés, fixés au niveau départemental. Un jour férié travaillé est payé double : « le salaire reçu par le salarié pour cette journée de travail sera doublé » (article 27), sans condition d’ancienneté dans le texte. Le 1er Mai suit la même logique, au titre du Code du travail (article L3133-6).

Un jour férié qui tombe pendant les congés payés prolonge le congé d’un jour (article 27). Certains départements ajoutent des jours chômés (16 mai et 16 octobre dans le Lot-et-Garonne) ou fixent un autre mode de paiement (Bouches-du-Rhône).

Le repos hebdomadaire

La règle est celle du Code du travail : 24 heures consécutives, plus les 11 heures de repos quotidien, et pas plus de six jours de travail par semaine (articles L3132-1 et L3132-2). Les deux jours de repos consécutifs ne sont garantis par la convention qu’aux salariés de moins de 18 ans et aux apprentis (articles 26 et 38). Des accords départementaux organisent le jour de repos.

Le temps partiel

Les règles du temps partiel sont fixées à l’article 21 de la convention :

  • une durée minimale de 24 heures par semaine, avec des dérogations pour les petites entreprises ;
  • des heures complémentaires majorées de 10 % jusqu’au dixième du contrat, puis de 25 %, dans la limite du tiers ;
  • une amplitude de 10 heures au plus dans la journée, et une seule coupure par jour, de 5 heures au plus, pour un contrat d’au moins 18 heures.

Repas, pain et « chou blanc »

Trois règles propres à la boulangerie :

  • Les ouvriers boulangers et pâtissiers non nourris reçoivent une indemnité égale à 1,5 fois le minimum garanti en vigueur au 1er janvier, par jour (article 24) : 6,375 € en 2026.
  • Le personnel de fabrication et de vente bénéficie d’un avantage en nature pain, selon l’usage et les accords départementaux (article 10).
  • Un salarié décommandé à l’heure prévue de sa prise de poste reçoit 8 heures de salaire : c’est le « chou blanc » (article 18).

Primes et salaires minima 2026

Une prime de fin d’année est due au salarié présent au 31 décembre et comptant un an de présence : 4,75 % du salaire brut annuel en 2026, 5 % en 2027 (article 42). Un tuteur reçoit une prime de 40 € bruts par mois.

Les salaires minima 2026 sont fixés par l’avenant n° 139 du 14 janvier 2026, étendu, applicable au 1er janvier 2026 : de 12,41 € de l’heure au coefficient 155 à 14,59 € au coefficient 240.

Les congés payés

Les droits suivent le Code du travail : 2,5 jours ouvrables par mois. La convention fixe la période de prise du 1er mai au 31 octobre, avec une fraction de 12 jours continus, et des jours de fractionnement (article 29). L’article 30 prévoit en outre une semaine prise entre le 15 janvier et le 1er mai ; rédigé en 1976, quand le congé légal comptait 24 jours, il est couramment lu comme la cinquième semaine légale : vérifiez sa lecture avec votre conseil.

Les erreurs que l’on retrouve souvent

En comparant les guides publiés en ligne au texte en vigueur, ces points reviennent régulièrement :

  • un jour férié travaillé « majoré de 115 % » : le texte dit que le salaire de la journée est doublé, soit +100 % ;
  • une prime de deux heures par dimanche présentée comme nationale : elle vient d’un accord de Meurthe-et-Moselle non étendu ;
  • une seule plage de nuit : la majoration court de 20 h à 6 h, le statut de travailleur de nuit se compte de 21 h à 6 h ;
  • une indemnité de repas calculée sur le minimum garanti de juin : la convention retient sa valeur au 1er janvier ;
  • une grille de salaires de 2025 : l’avenant n° 139 l’a remplacée au 1er janvier 2026.

Dans Planyo

Pour un établissement en convention boulangerie-pâtisserie, et pour les périodes à partir du 1er janvier 2026, Planyo calcule les heures supplémentaires et complémentaires, la majoration de nuit de 20 h à 6 h, le dimanche à 20 %, les jours fériés travaillés payés double, le statut de travailleur de nuit et ses journées de repos. Les taux départementaux et le contingent sont signalés, jamais appliqués à votre place.

Voir le logiciel de planning pour boulangerie.

Ce guide présente les règles nationales et les accords départementaux relevés. Il ne remplace pas l’avis d’un conseil sur la situation de votre entreprise.

Questions fréquentes

Quelle est la majoration de nuit en boulangerie ?

25 % du salaire de base pour chaque heure de travail effectif entre 20 h et 6 h, pour tous les salariés (article 23 de la convention).

Le dimanche est-il majoré en boulangerie ?

Oui, de 20 % au niveau national (article 28). Certains accords départementaux étendus prévoient 25 % ou 30 %.

Comment est payé un jour férié travaillé en boulangerie ?

Le salaire de la journée est doublé (article 27), sans condition d’ancienneté dans le texte national.

Quel est le contingent d’heures supplémentaires en boulangerie ?

329 heures par an, décomptées à partir du 1er janvier (avenant n° 16).

Combien vaut l’indemnité de repas en 2026 ?

Pour les ouvriers boulangers et pâtissiers non nourris : 1,5 fois le minimum garanti au 1er janvier, soit 6,375 € par jour en 2026 (article 24).

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