Guide · Convention collective
Convention collective des commerces de gros (IDCC 573) : les règles 2026
Entrepôts, plateformes, livraisons tôt le matin : la convention des commerces de gros distingue le travail habituel du travail exceptionnel, et ça change tout pour la nuit, le dimanche et les jours fériés. Durée du travail, heures supplémentaires, temps partiel, majorations : les règles en vigueur, article par article.
Par Mathurin Ernzen, fondateur de Planyo · Mis à jour le 27 octobre 2026
À qui s’applique la convention 573 ?
Aux entreprises dont l’activité exclusive ou principale est le commerce de gros, dans une trentaine de branches listées à l’article 1er, par exemple :
- fruits, légumes et fleurs ; beurres, œufs et fromages ; volailles et gibiers ; produits surgelés et crèmes glacées ;
- papeterie et articles de bureau ; matériel électrique et électronique ; équipements et fournitures pour l’industrie ;
- parfumerie et hygiène ; appareils sanitaires et de chauffage ; pièces détachées automobile ; cycles et motocycles ;
- céramique et verrerie de table ; maroquinerie ; matières plastiques ; papiers peints, revêtements et droguerie ;
- approvisionnement des bureaux de tabac ; distribution automatique ; confiserie, biscuiterie et chocolaterie ; tissus, linge de maison et tapis ; fournitures dentaires.
Les codes APE ne sont qu’un indice. Pour une entreprise aux activités multiples, c’est l’activité principale qui décide (article 1er). La convention distingue en outre un secteur alimentaire et un secteur non alimentaire pour le contingent d’heures supplémentaires et le repos hebdomadaire.
Durée du travail et repos
La durée légale de 35 heures s’applique (article 43). L’article 44 encadre le reste :
- 10 heures de travail effectif par jour au plus, 12 heures à titre très exceptionnel et 10 fois par an au maximum ; 48 heures par semaine (Code du travail, article L3121-20) ;
- une semaine répartie sur 4 jours à 5 jours et demi, ou 6 jours en période haute de modulation, 16 fois par an au plus ;
- 11 heures de repos quotidien, réductibles à 9 heures en cas de surcroît d’activité, 10 fois par an, avec un repos équivalent pour chaque heure perdue ;
- un repos hebdomadaire de 48 heures consécutives, dimanche inclus, dans le secteur non alimentaire ; de 36 heures consécutives dimanche inclus, plus une demi-journée dans la semaine ou une journée entière toutes les deux semaines, dans le secteur alimentaire ;
- pour les cadres autonomes, un forfait annuel de 214 jours travaillés, avec un document de contrôle des journées travaillées (article 44, § 3.3.2).
Les heures supplémentaires
La convention renvoie aux taux du Code du travail : +25 % pour les huit premières heures au-delà de 35 heures, +50 % ensuite (article L3121-36).
- Contingent annuel : 180 heures dans le secteur alimentaire, dépassable de 10 % pour des événements imprévisibles ; dans le secteur non alimentaire, le contingent légal, soit 220 heures (article 44, § 2.1 ; Code du travail, article D3121-24).
- Le paiement des heures supplémentaires et de leurs majorations peut être remplacé par un repos équivalent, à prendre par journée ou demi-journée dans les 4 mois (article 44, § 2.2).
- En cas de modulation, l’entreprise compense les semaines hautes par des semaines basses, dans la limite de 1 600 heures par an : la semaine peut monter à 44 heures, sans dépasser 42 heures sur 12 semaines consécutives dans le secteur non alimentaire. Les heures supplémentaires se comptent alors au-delà de la durée maximale de la semaine ou au-delà de 1 600 heures dans l’année (article 44, § 3.1).
Le temps partiel
L’article 44, § 6, ajoute ses propres règles à celles de la loi :
- des heures complémentaires limitées au tiers de la durée du contrat, majorées de 10 % jusqu’au dixième (Code du travail) et de 25 % au-delà ;
- une seule interruption dans la journée, de 4 heures au plus ; au-delà de 2 heures d’interruption, une majoration de 5 % du salaire minimum conventionnel ;
- pour une mission le matin et en fin de journée, 3 heures de travail consécutives garanties, avec la même majoration de 5 %.
Le travail de nuit
L’accord du 30 septembre 2002 fixe la plage de nuit de 21 heures à 6 heures. Pour chaque heure de travail dans cette plage, le salarié perçoit une prime de 10 % s’il travaille habituellement de nuit ou en équipe, de 25 % s’il y travaille exceptionnellement. Dès 4 heures de travail entre 21 heures et 6 heures, s’y ajoute une indemnité de casse-croûte égale à une fois et demie le minimum garanti (article 3.2).
Est travailleur de nuit le salarié qui fait, selon son horaire habituel, au moins 3 heures de nuit deux fois par semaine, ou 270 heures de nuit sur 12 mois consécutifs (article 2). Il a droit à un repos compensateur : 1 journée à partir de 270 heures de nuit, 2 à partir de 540, 3 à partir de 940 et 4 à partir de 1 180 (article 3.1).
Le dimanche
Le salarié qui travaille habituellement le dimanche perçoit une majoration de 10 % de son taux horaire. Pour les autres, le travail exceptionnel du dimanche, 3 fois par an au plus, est majoré de 100 %, en plus d’une éventuelle majoration d’heure supplémentaire, et ouvre droit à un repos de même durée, si possible dans la quinzaine qui suit. Le travail du dimanche est interdit aux moins de 18 ans (article 46).
Les jours fériés et le 1er Mai
Les jours fériés sont chômés et payés, à condition d’avoir été présent la veille et le lendemain, sauf absence autorisée (article 45).
- Travail exceptionnel un jour férié : au choix, une rémunération complémentaire de 100 % du salaire ou un jour de congé payé.
- Travail habituel les jours fériés : une majoration de 10 % du taux horaire.
- 1er Mai travaillé : une indemnité égale au salaire, soit un salaire doublé (Code du travail, article L3133-6).
Habituel ou exceptionnel : la question qui fixe le taux
Pour la nuit, le dimanche et les jours fériés, la même heure peut valoir +10 % ou +25 %, +10 % ou +100 %, selon que le salarié y travaille habituellement ou non. Le mieux est de l’écrire dans le contrat de travail de chaque salarié : c’est la seule façon de trancher sans discussion au moment de la paie.
Les points d’attention
En pratique, ces points méritent une vérification :
- un dimanche exceptionnel payé +10 % : c’est +100 %, plus un repos de même durée ;
- une heure de nuit majorée de 25 % pour un salarié qui travaille de nuit chaque semaine : la prime est alors de 10 % ;
- le casse-croûte oublié pour un salarié qui a travaillé au moins 4 heures entre 21 heures et 6 heures ;
- le contingent de 220 heures appliqué dans le secteur alimentaire, où il est de 180 heures.
Dans Planyo
Pour un établissement en convention des commerces de gros, et pour les périodes à partir du 1er janvier 2025, Planyo calcule les heures supplémentaires et complémentaires, la prime de nuit et le dimanche selon l’habitude de travail indiquée au contrat de chaque salarié, les jours fériés travaillés habituellement, le 1er Mai et le statut de travailleur de nuit. Quand l’habitude n’est pas renseignée, les heures restent « à préciser », sans majoration présumée, et Planyo vous le signale.
Planyo vous signale, sans les appliquer à votre place, la modulation, le repos dû après un dimanche exceptionnel, le choix à faire pour un jour férié travaillé exceptionnellement, le casse-croûte et le repos du travailleur de nuit. Le contingent annuel n’est pas suivi : il reste à traiter avec votre comptable.
Voir le logiciel de planning pour le commerce de gros.
Ce guide présente les règles nationales de la convention. Il ne remplace pas l’avis d’un conseil sur la situation de votre entreprise.
Questions fréquentes
La convention 573 s’applique-t-elle à mon entreprise ?
Si votre activité principale est le commerce de gros dans l’une des branches de l’article 1er (alimentaire, papeterie, matériel électrique, fournitures industrielles, parfumerie, pièces automobile, droguerie, confiserie, textiles…), oui. En cas d’activités multiples, c’est l’activité principale qui compte.
Le dimanche est-il majoré dans le commerce de gros ?
Oui : +10 % pour un salarié qui travaille habituellement le dimanche, +100 % et un repos de même durée pour un dimanche exceptionnel, 3 fois par an au plus (article 46).
Quelle majoration pour le travail de nuit ?
De 21 heures à 6 heures : une prime de 10 % si le travail de nuit est habituel, de 25 % s’il est exceptionnel, plus une indemnité de casse-croûte dès 4 heures de nuit (accord du 30 septembre 2002).
Quel est le contingent d’heures supplémentaires ?
180 heures par an dans le secteur alimentaire, et le contingent légal de 220 heures dans le secteur non alimentaire.
Comment est payé un jour férié travaillé ?
Exceptionnellement travaillé : 100 % de salaire en plus, ou un jour de congé payé. Habituellement travaillé : +10 %. Le 1er Mai : salaire doublé.
Sources
- Convention collective nationale des commerces de gros (IDCC 573) — Légifrance
- Article 1er (champ d’application) — Légifrance
- Article 43 (durée légale) — Légifrance
- Article 44 (durée du travail, heures supplémentaires, repos, temps partiel) — Légifrance
- Article 45 (jours fériés) — Légifrance
- Article 46 (travail du dimanche) — Légifrance
- Accord du 30 septembre 2002 sur le travail de nuit, article 2 (travailleur de nuit) — Légifrance
- Accord du 30 septembre 2002 sur le travail de nuit, article 3 (contreparties) — Légifrance
- Code du travail, article L3121-20 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3121-36 — Code du travail numérique
- Code du travail, article D3121-24 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3123-29 — Code du travail numérique
- Code du travail, article L3133-6 — Code du travail numérique
Information générale, à jour à la date indiquée. Elle ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : un accord d’entreprise ou votre contrat de travail peuvent prévoir d’autres règles.
Pour aller plus loin
- Commerces de grosEntrepôt, livraisons, nuit et dimanche, convention IDCC 573.
- Convention du détail non alimentaireIDCC 1517 : fériés, temps partiel, ancienneté, dimanche.
- Pointeuse et badgeuse : la loiDécompte des heures, conventions, CNIL, conservation.
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