Guide · Convention collective

Convention collective du commerce de détail non alimentaire (IDCC 1517) : les règles 2026

Maroquinerie, jouets, arts de la table, bazar, presse, vape… La convention 1517 ne couvre qu’une liste de commerces, et elle ne majore ni la nuit ni le dimanche. En revanche, elle a ses propres règles pour les jours fériés, le temps partiel et l’ancienneté. Les règles en vigueur, article par article.

Par Mathurin Ernzen, fondateur de Planyo · Mis à jour le 27 octobre 2026

À qui s’applique la convention 1517 ?

Aux entreprises dont l’activité principale est le commerce de détail de l’un des produits listés à l’article 1er, en magasin comme en ligne, neufs ou d’occasion :

  • maroquinerie et articles de voyage ; coutellerie ; arts de la table ;
  • droguerie, couleurs et vernis ; équipement du foyer et décoration ; bazars, solderies et magasins de déstockage ;
  • antiquités et brocante, livres anciens ; galeries d’art ;
  • jeux, jouets, figurines et modélisme, articles de fête et loisirs créatifs ; puériculture ;
  • instruments de musique et partitions ; presse et jeux de hasard agréés par l’ANJ ; produits de la vape ; souvenirs, artisanat et articles religieux.

La convention s’applique aussi au personnel des sièges, des entrepôts et des services administratifs de ces entreprises. Le code APE n’est qu’un indice : en cas de doute, c’est l’activité principale qui décide (article 1er). L’habillement, la chaussure, le sport, le bricolage et l’ameublement ont leurs propres conventions.

Durée du travail

Les limites sont celles du Code du travail, reprises par la convention (chapitre IX, titre Ier, article 8) :

  • 10 heures de travail effectif par jour au plus (article L3121-18) ;
  • 48 heures sur une même semaine, et 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives (articles L3121-20 et L3121-22).

Pour les cadres autonomes, la convention prévoit un forfait annuel de 218 jours travaillés, journée de solidarité comprise (chapitre IX, titre II).

Les heures supplémentaires

Tout dépend de l’organisation choisie par l’entreprise.

Avec une durée hebdomadaire, ce sont les taux du Code du travail : +25 % pour les huit premières heures au-delà de 35 heures, +50 % ensuite (article L3121-36). L’accord du 5 septembre 2003 sur le temps de travail demande de les compenser en priorité par du repos ; à défaut de récupération dans le trimestre, le salarié choisit entre le repos et le paiement (article 5.1).

Avec un aménagement du temps de travail sur l’année, les heures supplémentaires sont celles faites au-delà de 1 607 heures, payées le mois qui suit la fin de la période : +25 % entre 35 et 39 heures en moyenne, +50 % au-delà (chapitre IX, titre Ier, article 9).

  • Contingent : 180 heures par période de référence dans l’aménagement sur l’année. Hors de ce cadre, la convention ne fixe pas de nombre : à défaut d’accord, le Code du travail le fixe à 220 heures (article D3121-24).
  • Au-delà du contingent, une contrepartie obligatoire en repos de 50 % des heures dans les entreprises de 20 salariés au plus, de 100 % au-delà (même article).

Le décompte des heures en cas d’annualisation

Quand le temps de travail est aménagé sur l’année, les salariés reportent leurs horaires réalisés sur un document de décompte, et un compte individuel d’heures permet de suivre chaque mois les heures en débit et en crédit. Ce compte est tenu « au moyen du logiciel de gestion automatisé du temps de travail ou sur des documents de décompte » mis en place par la direction (chapitre IX, titre Ier, article 5). Les règles générales du décompte : pointeuse et badgeuse, ce que dit la loi.

Le temps partiel

L’accord du 14 septembre 2021 fixe les règles de la branche :

  • une durée minimale de 24 heures par semaine, sauf demande écrite et motivée du salarié, étudiant de moins de 26 ans ou cas prévus par la loi ;
  • des heures complémentaires majorées de 10 % dès la première heure, jusqu’au dixième du contrat, puis de 25 %, dans la limite du tiers de la durée prévue au contrat ;
  • un délai de prévenance de 7 jours calendaires quand le recours aux heures complémentaires est prévisible ;
  • un complément d’heures par avenant, avec l’accord du salarié : heures majorées de 10 %, 6 avenants par an et 20 semaines au plus, hors remplacement d’un salarié absent.

La nuit

La convention ne prévoit pas de majoration pour le travail de nuit. L’accord du 11 décembre 2015 sur l’emploi des seniors définit la nuit de 21 heures à 6 heures et demande aux entreprises de 50 salariés et plus de ne pas l’imposer aux salariés à partir de 55 ans.

Le statut de travailleur de nuit relève alors du Code du travail : au moins 3 heures de nuit deux fois par semaine selon l’horaire habituel, ou un nombre d’heures de nuit sur une période de référence (article L3122-5).

Le dimanche

La convention ne majore pas le dimanche : le repos hebdomadaire est donné le dimanche (article L3132-3), et ce sont les dérogations du Code du travail qui fixent les contreparties.

  • Les dimanches désignés par le maire, douze par an au plus : une rémunération au moins double et un repos compensateur équivalent en temps (articles L3132-26 et L3132-27).
  • Une zone touristique ou commerciale : un accord collectif fixe les contreparties, en particulier salariales ; dans un établissement de moins de onze salariés sans accord, les mesures doivent être approuvées par la majorité des salariés concernés (article L3132-25-3).

Les jours fériés et le 1er Mai

Outre le 1er Mai, chômé et payé, chaque salarié a droit dans l’année civile à 3 jours fériés chômés et payés, choisis par l’employeur (chapitre VIII, article 9).

  • Un autre jour férié travaillé : en plus du salaire, une indemnité égale à 50 % des heures faites ce jour-là. Le salarié peut demander à la place un repos égal à la moitié du temps travaillé, à prendre dans les 6 mois.
  • L’un des 3 jours fériés chômés travaillé exceptionnellement : l’indemnité de 50 %, plus un repos égal au temps travaillé, à prendre dans les 3 mois.
  • 1er Mai travaillé : une indemnité égale au salaire, soit un salaire doublé (Code du travail, article L3133-6).
  • Le repos des jours fériés est obligatoire pour les moins de 18 ans.

La prime d’ancienneté

Pour les niveaux I à VI, une prime de 3 %, 6 %, 9 %, 12 % et 15 % du salaire minimum mensuel du niveau I, après 3, 6, 9, 12 et 15 ans d’ancienneté dans l’entreprise. Elle s’ajoute au salaire réel, figure à part sur le bulletin et se calcule au prorata pour un temps partiel (chapitre XIII, article 2).

Les points d’attention

En pratique, ces points méritent une vérification :

  • une majoration du dimanche ou de la nuit appliquée « par habitude » : la convention n’en prévoit pas, seules comptent la dérogation au repos du dimanche et l’accord de l’entreprise ;
  • un jour férié travaillé payé comme un jour ordinaire : c’est 50 % de plus, ou un repos sur demande du salarié ;
  • des heures complémentaires sans majoration dans la limite du dixième : elles sont majorées de 10 % dès la première heure ;
  • la prime d’ancienneté oubliée au passage des 3, 6, 9, 12 ou 15 ans.

Dans Planyo

Pour un établissement en convention des commerces de détail non alimentaires, et pour les périodes à partir du 1er janvier 2025, Planyo calcule les heures supplémentaires à la semaine et les heures complémentaires, l’indemnité de 50 % des jours fériés travaillés, le 1er Mai et le statut de travailleur de nuit ; il compte les heures de nuit et du dimanche, sans majoration.

Planyo vous signale, sans les appliquer à votre place, l’aménagement du temps de travail sur l’année, le repos qui peut remplacer l’indemnité d’un jour férié, le repos dû quand l’un des 3 jours fériés chômés est travaillé, et le complément d’heures par avenant. La prime d’ancienneté, le contingent, le forfait en jours et les salaires minima restent à traiter avec votre comptable.

Voir le logiciel de planning pour le commerce de détail non alimentaire.

Ce guide présente les règles nationales de la convention. Il ne remplace pas l’avis d’un conseil sur la situation de votre entreprise.

Questions fréquentes

Mon magasin relève-t-il de la convention 1517 ?

Si votre activité principale est la vente au détail de l’un des produits de l’article 1er (maroquinerie, coutellerie, arts de la table, droguerie, décoration, bazar, antiquités, galerie d’art, jouets, puériculture, musique, presse, vape, souvenirs), oui. Un magasin de vêtements, de chaussures, de sport, de bricolage ou de meubles relève d’une autre convention.

Le dimanche est-il majoré dans la convention 1517 ?

Non. Les contreparties viennent de la dérogation au repos du dimanche : rémunération au moins double et repos compensateur pour les dimanches du maire, accord collectif dans une zone touristique ou commerciale.

Comment est payé un jour férié travaillé ?

En plus du salaire, une indemnité égale à 50 % des heures faites ce jour-là, que le salarié peut remplacer par un repos de la moitié du temps travaillé. Le 1er Mai travaillé est payé double.

Quelle est la durée minimale d’un temps partiel ?

24 heures par semaine, sauf demande écrite et motivée du salarié, étudiant de moins de 26 ans ou cas prévus par la loi (accord du 14 septembre 2021).

Y a-t-il une prime d’ancienneté ?

Oui, pour les niveaux I à VI : de 3 % à 15 % du salaire minimum mensuel du niveau I, après 3, 6, 9, 12 et 15 ans d’ancienneté dans l’entreprise.

Sources

Information générale, à jour à la date indiquée. Elle ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : un accord d’entreprise ou votre contrat de travail peuvent prévoir d’autres règles.

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